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Le tarif d’un photographe et d’un Hamburger

Les difficultés du marché de la photographie  

Plusieurs photographes établis blâment les photographes arrivant dans le marché et /ou ceux qui offrent des services de photographies sans nécessairement maîtriser la technique de photographie.  On dit souvent   que ceux-ci nuisent à la profession, en charcutant les prix, qu’ils sont trop nombreux, qu’ils ne savent pas ce qu’ils font etc…     on les appelle souvent même sur Internet les « Faux-tographes »….

Ce genre de comportement est déplorable et doit être remis en question. Pour ma part, je dis que tout le monde a le droit de gagner des revenus en faisant ce qui le passionne.  Tout le monde a droit d’espérer un jour gagner sa vie en tirant des revenus à temps pleins d’une passion qui l’alimente, peu importe son calibre, sa qualité, ou son talent.      Tant que la personne qui paie pour le service commandé est satisfaite de ce qu’elle reçoit en fonction de ce qu’elle a payé,  et que le service livré correspond au service annoncé, je ne vois pas où est le mal…

Le Hamburger  
Il faut voir le service de photographe comme la restauration, avec un produit typique  comme le Hamburger :

  • Restos Haut de Gamme : en vendent pas ou rarement
  • La cage aux sports :  +- 12$,
  • McDonald : +- 5$
  • La belle Province, Valentine etc  : +- 1,50$

Les comportements faces à cela :

  • Est-ce que l’on entend se plaindre les restaurants haut-de-gamme ou  des restaurants comme La cage aux Sports que La belle Province, Valentine  ou McDonald  coupe les prix ?NON
  • Est-ce que ceux-ci abaissent leurs prix pour rivaliser contre eux ?
    NON
  • Est-ce que tout le monde ont besoin de manger des Hamburger à + de 10$ pour être heureux ?
    NON
  • Est-ce que tout le monde ont les moyens de s’offrir des Hamburger à + de 10$  ?
    NON
  • Si La belle Province ou Valentine vendaient leurs Hamburgers à 5$, tout à coup leur clientèle continuerait-elle  de manger là ?
    NON
    Cette même clientèle irait-elle systématiquement au McDonald à la place ?
    NON, elle mangerait des hotDogs à la place, ou encore elle se ferait son propre Hamburger avec son cellulaire  🙂
  • Doit-on empêcher ou dénigrer  les restaurant qui vendent les burgers à 1$ ?
    NON
  • Avez-vous déjà été content d’aller manger un Burger dégueulasse à 1$  ?
    OUI !!!

Alors où est le problème ?
Nous, les photographes, on se met  tous  dans le même panier lorsque vient le temps d’élaborer nos tarifs.  À partir du moment où un restaurant  comme La Cage Aux Sports ou un restaurants haut-de-Gamme baisse ses prix pour concurrencer la Belle Province , il force les autres restaurants de son même calibre/niveaux de gamme à baisser les prix aussi pour suivre, et le cercle vicieux est déclenché…

Aussi, ceux qui maintiennent leurs prix et doivent les justifier,  au lieu de faire goûter la différence entre les Hamburgers, en suggérant aux clients de bien comparer les portFolio attentivement des différents photographes, on essaie de se justifier en expliquant quel genre de frigo on a pour stocker la viande, combien de temps on mets à la préparation du Hamburger,  dans quoi on l’emballe, etc..etc..  Qui s’informe vraiment de tout cela lorsqu’il commande son Hamburger au resto ???    Si le client, après avoir goûté/respiré/regarder la différence entre les burgers,  ne veux toujours pas payer +de 10$, peut-être que c’est tout simplement qu’il ne l’A pas le 10$ ?  alors pourquoi essayer de le convaincre s’il ne l’a pas  de toute façon ???   Moi, quand je magasine une auto, si le vendeur comprends que je n’aurai pas le prêt accordé pour l’auto à 80 000$, il ne perd pas de temps à me convaincre que c’est mieux une auto de 80 000$…  Il m’amène tout simplement vers l’auto à 20 000$, ou encore il me réfère au département de l’usager…

Il faut choisir dans quel calibre/marcher on veut opérer et s’identifier, et l’assumer pleinement, par nos prix, notre présentation, notre service, notre lieux de travail, notre équipement, etc…    Il faut que les photographes de plus haut calibre cessent  de voir les clients qui vont à la belle province comme des clients qu’ils se font voler, où qu’ils auraient pu avoir…   Il faut que les photographes de bon  calibre nivellent par le haut, et non par le bas, car en faisant cela, ils foncent vers un échec, ils devront fermer tôt ou tard, car il est impossible de rivaliser les prix de quelqu’un qui n’a pas des coûts d’opérations quand nous on en a, quelqu’un qui ne dépend pas de ce revenus, quand nous c’est le cas…     En plus, en nivelant par le bas, ils empêchent les nouveaux arrivants de proposer des ‘tarifs normaux’.   ils sont poussés eux aussi à couper les tarifs pour se donner un avantage concurrentiel  étant donné qu’ils n’ont pas d’expérience ou de réputation, elle est à bâtir…   Il est tout à fait normal qu’un nouveau venu positionne ces tarifs un peu en bas  de celui qu’il prend comme modèle pour fixer ses prix. Cependant, si le modèle en question se base sur La Belle Province pour fixer ses prix, les problèmes commencent…

Nous ne pouvons stopper la vague d’intérêt envers le métier de la photographie, et l’appât du gain gagné exerçant un  hobby, et nous ne pouvons blâmer les autres d’avoir le même rêve que l’on a fait un jour et que nous avons mis à l’oeuvre.   Tout ce que l’on peut faire, c’est   d’utiliser notre pleins talent  et notre pleins potentiel à nous,  pour se démarquer et susciter de l’intérêt et l’envie de s’offrir nos services, aux tarifs que nous demandons en fonctions de ceux-ci et non en fonctions des autres qui sont de calibre différents.

Et surtout, il faut choisir si on est un Resto Haut-de-Gamme, un ‘Cage aux sports’,  un McDonald, ou un ‘Belle Province’, et l’assumer à fond.